Comment Poutine va prendre en otage la Grèce et se venger de l’Europe

Si j’étais Alexis Tsipras je me méfierais.

Le Président de la Grande Russie a peut-être trouvé, en aidant la Grèce, un moyen de se venger de ce que l’Europe lui a fait subir en Ukraine.

LA NOSTALGIE DE L’EMPIRE RUSSE

Poutine est un nostalgique de la suprématie des Russies, de celles des Tsars et les Russes sont prêts à le suivre pour redonner à leur pays le rang parmi les nations qui était le leur.
Ce grand peuple est persuadé qu’il est mal aimé à l’étranger et que les Américains veulent dominer le Monde en les éliminant.
Ce qui n’est pas tout à fait faux, car les États-Unis d’Amérique ont à leur tête un président, c’était le cas avec son prédécesseur Georges W. Bush, peut connaisseur de l’état du monde autre que le Continent Américain et que cela n’intéresse guerre sauf pour faire des affaires.
Avant il y avait le bouclier que les Américains voulaient installer tout autour de la Russie pour mieux la surveiller et qui fut l’objet d’une large frustration des Russes et de rancœurs tenaces.
La Russie n’aime pas que l’on interfère dans ses affaires intérieures et le fait qu’aussi bien l’Europe et les États Unis se soient immiscés dans leur intervention en Ukraine, pour éviter que celle-ci ne passe à l’Ouest, ne leur plaît vraiment pas du tout.
Si vous parlez avec des Russes, des Arméniens, des Turcs installés en France , vous comprendrez vite que Poutine a le soutien et la compréhension de sa diaspora internationale.
Les Russes se sentent mal-aimés et incompris d’une partie du monde et menacent de se rapprocher de la Chine, leur ennemi éternel: pas sûr que cela marche.

L’INTERVENTIONNISME EUROPEEN

Depuis le début de cette affaire Ukrainienne le rapport de force est établi en faveur de Vladimir Poutine: l’annexion de la Crimée en est la preuve flagrante: du côté de l’Europe des vociférations, des menaces, des sanctions contre les avoirs de Russes. Mais pas d’intervention armée pour faire reculer Poutine. C’est pourtant la seule chose que celui-ci comprenne.
Nous n’avons pas bien compris ce qui s’est passé ce jour-là. Le Président de la Grande Russie a montré de quoi il était capable, il est devenu un héros pour son peuple et les militaires qui ont mené cette mission adulés.

Puis il y a eu de multiples interventions en territoire Ukrainien, des morts par centaines du côté Ukrainien, l’éviction du président en place, l’élection démocratique d’un nouveau plus Occidental celui-là et réclamant sans ambages l’aide de l’Europe, alors que ce pays n’en fait pas partie, les manifestations sur la place….les interventions d’hommes politiques venant prêcher la bonne parole de la démocratie telle que nous la voyons en Europe, de philosophes grotesques, je pense à Lévy qui, aussi bien en Libye que dans les autres pays où il va sauver les peuples, évite de sortir de son hôtel pour ne pas prendre un coup de soleil ou une balle.

LA RUSSIE S’ARME

Qu’est-ce que cela signifie?
Lorsqu’un pays renforce son arsenal, c’est pour préparer une guerre, dissuader toute attaque ou montrer sa puissance.
Quelle est l’intention de Poutine? Homme insondable aux réactions imprévisibles, nostalgique de la Russie bolchevique, irait-il jusqu’à déclencher une guerre? Incontestablement, face à une Europe intransigeante, il veut montrer qu’il ne faut pas le sous-estimer.
Il y a eu aussi l’avion de ligne, imprudent, qui s’est fait descendre avec 170 passagers à bord il me semble bien, et qui n’a provoqué que des réactions assez molles de la part des occidentaux.
Poutine y était-il pour quelque chose? Pas si sûr. Plus vraisemblablement des séparatistes ukrainiens incontrôlés par nature.
En d’autres temps, cela aurait été interprété, par le pays d’où l’avion était originaire, par un acte de déclaration de guerre.

LA FAIBLESSE DE L’EUROPE

Toutes ces interventions agacent profondément Vladimir Poutine et le confortent dans notre faiblesse. Madame Merkel en est une autre, elle qui a vécu en Europe de l’Est, n’a pas du tout envie que la guerre froide recommence et fait preuve d’une grande prudence dans ses interventions auprès du président russe.

Et puis il y a l’affaire des frégates commandées par Poutine sous la présidence de Sarkozy, payées, prêtes à partir et retenues au dernier moment par le Président Hollande, le grand mou de la République Française, qui s’est cru malin de dire non à Poutine pour montrer toute l’autorité dont nous étions capables envers la Russie.
Savez-vous jusqu’à quel point de désinvolture le président français est allé pour le remboursement dû par la France à la Russie? Il a évoqué nos difficultés budgétaires pour lui demander d’accepter un étalement de notre dette envers ce grand pays.
Poutine s’en est étranglé tellement il faut ne pas en avoir pour oser faire une telle proposition.

LA FRANCE PEUT PARLER DE DETTES: elle s’y connaît.

Toute la situation tient dans le fait que d’un côté nous avons l’ex-pays des Tsars qui veut retrouver tout son prestige, de l’autre une Europe pas vraiment encore formée car il lui manque l’essentiel: un Homme ou une Femme d’ État.
Nous parlons à plusieurs voix.
Poutine lui, parle seul au nom de la RUSSIE.
À propos d’étalement de dettes, celle de la France ne vous rappelle-t-elle pas un autre étalement dont on nous rebache les oreilles à longueur de journée. Celle de la GRÈCE.
Alexis TSIPRAS devrait se méfier.
L’aide de Poutine ne sera pas gratuite.
Que va demander Alexis?
Que va proposer Vladimir?
Que va-t-il exiger en compensations?
Qu’elles sont ses arrières pensés?
Poutine ne va-t-il pas se servir de la GRÈCE pour régler ses comptes avec l’Europe?
Toutes ces questions Alexis devrait se les poser.
Calmement. Et bien réfléchir avant de s’engager.
La GRÈCE n’a jamais remboursé ses dettes depuis son indépendance sans beaucoup de conséquences pour elle. Elle continue à regorger de touristes. Sa grande faiblesse c’est qu’elle ne produit pas. Pourtant elle aurait de nombreux atouts ( voir l’article: voici comment la Grèce devrait procéder pour devenir, elle aussi, une puissance économique. )
Les Russes ne sont pas des mous. Un engagement doit être tenu et respecté. La Grèce pourra-t-elle les tenir et les respecter?
Quelles seront les conséquences pour elle en cas de non tenu de ses engagements?
Voilà toutes les questions qu’Alexis devrait se poser.

Bruno Minier

Voyageur pour l’Europe

Ce qui m’anime, vous entraine.

bruno@addiction-voyage.fr

Prochain article: Et si la Grèce devenait un paradis fiscal?

A propos de Bruno

Bruno Minier est un passionné de voyage. Sur Addiction Voyage, il vous emmène avec lui sur les routes d'Europe. En savoir plus ici.

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